mardi 3 mars 2026

Désobs tropicales

Rien d'extraordinaire ces derniers temps. Dimanche c'était un jour de repos après six journées consécutives. On en a quand même profité pour faire un tour à la perte de Tham Gloua qui depuis l'an dernier a migré de plus de 150 mètres. En creusant un canyon de 5 à 6 m de profondeur dans les sédiments de la colline. 




Le point de disparition du ruisseau a été vite ouvert. Mais c'est l'opération la plus stupide qu'on a pu tenter. Pour passer, il suffit de sortir le bloc sur la droite. Ensuite c'est un puits pénétrable. Si on le sort on se prend l'effondrement de la paroi sur les casques. Ah, si on avait André, ses pieds droits et sa technique de consolidation des trémies instables !!! Mais ici on n'a que la massette et le burin...

Hier, lundi, une équipe est allé poser les cordes dans les six cascades de Tham Gloua et Piotr a commencé une traversée au dessus d'une salle de 20 mètres pour aller rejoindre une cascade du coté opposé. 



Avec Gery nous sommes revenus à Tham Sixties. Nous avons suivi le ruisseau jusqu'à sa disparition sous la falaise mais nous n'avons rien reconnu. L'entrée est bouchée par des blocs, impénétrable. Au bout d'un moment je me décide à ressortir AlpinQuest ou j'avais enregistré les coordonnées de l'entrée. Il me fait dévier d'une trentaine de mètres sur la droite et effectivement nous retrouvons l'entrée désobstruée l'an dernier. Ici aussi les dernières moussons ont été dévastatrices. Dans la cavité le sable a remplacé les cailloutis de l'an dernier. Ce qui n'est pas plus mal puisqu'on doit ramper sous l'éboulis. Nous avançons un peu plus loin que l'an dernier mais sommes quand même arrêtés par des blocs qui mériteraient bien quelques opérations tonitruantes. 


Mais on n'a pas ca ici. Au plafond plusieurs amas de ce style ; racines ?








En fait il s'agit d'essaims d'opilions de milliers, parfois dizaines de milliers d'individus. A la chaleur de nos lampes (ou la lumière) ils se laissent tomber en grappes sur le sol et disparaissent rapidement dans les anfractuosités. Il n'y a plus qu'à ramper.

Nous repartons rejoindre l'autre équipe et en les attendant débarrassons l'entrée de Tham Gloua 2 des débris amenés par les crues. 

Avant nettoyage

En cours


Il est temps de rejoindre la voiture ou nous retrouvera l'autre équipe.





Aujourd'hui, prospection dans le Parc National proche. Village de la tribu Lahu. Machetage dans un fond de doline et nous découvrons une petite grotte fossile. 



Cherchez Géry...


Enfin de la vraie première. 





En remontant, dans la forêt nous trouvons des sacs de racines de gingembre jetées par les ramasseurs. Il y en a des dizaines de kilos. Nous faisons le plein pour notre cuisinière. 


Enfin, juste avant la voiture nous tombons sur une "spirit house". Endroit ou les fantômes peuvent résider pour protéger le village. Le bouddhisme n'est jamais arrivé dans ces montagnes retirées et les populations sont restées animistes.

maison des fantômes








samedi 28 février 2026

Tham Mae Lana

Samedi 28février 2026 Soppong Thaïlande ; TPST : 7 heures

Cal, John, Jean Marie  photos Cal, Jean Marie


Gery est HS et aujourd'hui Piotr est malade. Nous nous retrouvons à 3 pour chercher un affluent non entièrement exploré de Tham Mae Lana. Tham vous avez compris j'espère  veut dite "grotte"; Mae Lana "la mère des rivières". Il faut dire que la rivière vaut le coup : traversée d'une dizaine de kilomètre ! Explorée par des australiens dans les années 1980. Ils bivouaquaient plusieurs jours au milieu de la cavité et avaient le temps de farfouiller. Ce qui n'est pas notre cas. L'an dernier nous sommes allée jusqu'au siphon intermédiaire. Cette fois nous voulons le dépasser par un éboulis latéral, retrouver l'amont de la rivière et le départ de l'affluent nord.

Descente par un bon chemin (il faudra remonter en sortant...). 


Changement rapide de vêtements et nous entrons. Une heure et demi de barbotage et de nage à contre courant. Le débit est conséquent et pourtant nous sommes en fin de saison sèche. Dix mètres au dessus de nous quelques bouts de plastique et des branches indiquent qu'il ne vaut mieux pas être ici pendant la mousson. Des barres rocheuses sont cachées sur le lit de la rivière et comme l'eau n'est pas vraiment transparente la progression est laborieuse. On finit donc par arriver à la plage aval. 

Nous arrivons sur une salle plate bien au dessus de la rivière. 

Avec les traces de passages des groupes de touristes. Oui, ils organisent la traversée pour des gens qui n'ont jamais mis les pieds sous terre !!! Je ne sais pas à quel pourcentage de pertes ils ont droit !!

Il faut remonter les salles fossiles, traverser un immense pierrier pour redescendre vers l'amont. Nous mettons un moment à trouver les passages. 

Pas évident de se retrouver sur une topo de 12km imprimée sur une feuille A4

Maintenant que nous sommes sortis de l'eau la chaleur est vite insupportable. Cal trouve un couloir sous une énorme stalagmite. C'est bon il n'y a plus qu'à poursuivre. Nous sommes dans une autre dimensions : salles immenses, colonnes titanesques, mais aussi quelques belles perles de caverne.














Nous arrivons à la plage amont et essayons de remonter le réseau mais il apparaît évident que nous n'aurons pas le temps d'arriver à l'affluent. Nous avons perdu trop de temps dans le pierrier. C'est fait nous connaissons les passages. Retour à la plage. Il m'avait semblé en nageant que quelque chose me touchait furtivement. Je m'étais dit que je rêvais. Mais non, attirés par notre lumière un banc de poissons dont certains de bonne taille viennent gober quelques cacahuètes.


On n'est vraiment jamais seuls !

Retour, toujours à vive allure. Le trajet parait beaucoup plus long. Conséquence de la fatigue accumulée ? Nous sortons juste avant la tombée de la nuit.


La Ferrière, on avance...

 Vendredi 27 février 2026

André, Dominique, Jean-Noël

TST quatre heures trente, TPAM une heure trente

La semaine passée, la suite était devant nous, certes étroite mais du noir derrière, avec un courant d'air et un bruit de rivière : le collecteur ! Jean-Marie étant parti batifoler au milieu des araignées gigantesques et des serpents, Aude en vacances, nous nous retrouvions à deux pour poursuivre le tunnel. Heureusement Dom a pu se joindre à nous mais il ne sera libre que vers midi.

Donc départ moins tardif, 10 heures au parking et 10 h 30 à l'entrée. Le temps est maussage, genre highlands écossais, on est presque dans le brouillard avec un petit vent fais, on sera mieux dans la cavité. Ce n'est pas une surprise, on s'en doutait, mais le ruisseau est à sec !

En premier opération d'évacuation des gravats de tirs de la semaine dernière. Pas de courant d'air et aucun bruit de rivière. André en front de taille et JN au pied du ressaut, empilant comme il peut les blocs dans la petite alcôve qui sera vite remplie. Le fond est dégagé, André pourra lancer deux " parlementations " une fois que l'on aura remonté le boyau d'accès. 

Le tunnel en début de matinée

Dom arrive dès ma sortie, une petite descente rapide à mi-boyau pour saluer André et on se lance ensuite dans l'allumage du feu pour braiser la saucisse à l'ail. Ce ne sera pas une sinécure, on a oublié le petit bois sec mais finalement avec force carrés-feu et quelques lattes du sommier on y arrivera. Quelques charcutailles en entrée, un " Sous le sol " du GPS, le repas sera moins pantagruélique que la dernière fois. Quelques dattes pour terminer le repas en douceurs.



Patience, ça chauffe

13 h 30, c'est l'heure de retourner au taf. JN file dans la salle pour tirer les gamates qui seront remplies par Dom au départ du tunnel pendant qu'André creusera, massetera et pailletera. Dans la salle le tas de gravats s'amoncelle sur l'emplacement du mur. Il faudrait une personne en plus pour emmener la gamatte en haut de la salle. Deux belles pailles en milieu d'après-midi. Au moins 50 gamattes ont été tirées, l'alcôve est vidée et le tunnel bien propre, d'une longueur d'au moins 6 m et un beau diamètre de 0.5x1 m. Semblant de départ vers la gauche et en pente, André percera quatre beaux trous et sonne la fin des travaux, il est 16 h 30. 

André en bas du ressaut, remontée un peu galère

Sortie de l'étroiture dans la salle

A la fin des travaux



Tout le monde sort, vu l'onde de choc, les " parlementations " ont dû être efficaces. A voir la prochaine fois. Mais il faut se mobiliser à au moins quatre personnes.

Entre dolines et pitons

 Ban Ja Bo Thaïlande TPES : 5 heures  TPST : 2 heures


Après notre épuisante journée d' hier nous avons décidé de nous reposer. Lessive, achat de nourriture...

Mais l'ap midi John nous stimule pour finir un P40 au milieu d'une doline. L'an dernier la corde n'était pas assez longue pour arriver au fond. 


La chaleur est de plus en plus intense. John, Géry et Piotr s'occupent du puits. 


Au fond, en fait-55, tout est bouché, le CO2 est à 1.4%

De ce temps, avec Cal nous creusons une autre entrée 30 mètres au dessus. Dire qu'i faut venir en Thaïlande pour creuser comme à la maison ! 




Ca avance bien. Un dernier bloc est enlevé avec notre technique de palan à toute épreuve :

Cal commence à descendre. Le fond du puits est invisible, mais la corde de 30 mètres ne sera sans doute pas suffisante. A -15 le détecteur commence à sonner...2% Et merde, encore un espoir qui s'annule.

Pour finir le jour de repos... avec John et Géry nous essayons de rejoindre une grotte explorée l'an dernier ou il restait un point à voir. A 10 minutes de marche dixit John. Après s'être fourvoyé dans un bush impénétrable nous finissons par atteindre l'objectif. 

Belle grotte fossile au pied d'un piton.

Ici aussi : coups de massettes pour élargir une étroiture. 

John, le plus mince, réussit à passer mais il est vite arrêté sans continuation.

 Marche de nuit pour rejoindre la voiture.