dimanche 10 novembre 2024

Vue plongeante à la Ferrière

Perte de la Ferrière, Fournes-Cabardes

André, Sylvain

TPST : 4 h


Seulement une demi-journée de dispo pour André et moi. Idéal pour un session d'étayage devenue indispensable pour la poursuite de la désob.

André, devenu spécialiste en maîtrise d'ouvrages souterrains à tout préparé et nous partons lourdement chargés sous les yeux médusés d'un chasseur.

Pieds droits retaillés, madriers...le sommier n'est là que pour protéger le trou des feuilles

Nous enlevons d'abord quelques blocs avant de placer le premier pied-droit entre la paroi saine et le bloc ouest qui soutient l'IPN, qui soutient...tout le reste...

Puis nous dégageons ensuite sous ce bloc de manière à récupérer la paroi ouest distante d'a peine plus d'un mètre de l'autre, et André positionne le second étai entre les 2 parois. Un madrier relie alors les 2 étais et sécurise un peu plus la face nord.


Nous remontons alors quelques gros pavés permettant d'agrandir largement les espaces. Le courant d'air s'intensifie et surtout la vue est belle. Vers le nord, les parois se rapprochent, expliquant probablement le bouchon. Descente verticale de 3 m et vue sur un sol sableux. Mais la faille semble s'incliner vers l'est et André y voit même un vaste élargissement.

C'est certainement passable mais une dalle suspendue en plein milieu et reliée au reste des dominos n'inspire pas confiance. Un tir bien centré lui règle son compte mais rebouche la suite.                                                                                                            

Tandis que je redescends je sens qu'un bloc côté sud, qui nous sert de marche semble avoir des velléités de rejoindre ses copains du fond. Il ne repose en effet sur pas grand chose mais joue un rôle crucial sur la stabilité du côté sud par lequel nous descendons. Impossible de prendre le risque de le bouger depuis le fond. Nous essayons alors une technique originale de déstabilisation depuis le haut par jeté de cailloux, technique qui restera infructueuse mais nous vaudra de remonter plusieurs fois les mêmes blocs !

Finalement, je parviens à le percer latéralement et à l'éliminer. Miraculeusement, rien d'autre n'a bougé. Mais une fois au fond, c'est une succession de bruits de cailloux qui glissent de toutes parts et nous donnent des sueurs froides à chaque instant. Il va falloir attendre que tout se purge.

André redescend prendre les mesures, avec 2 priorités : 

- Mieux sécuriser le gros bloc sous l'IPN qui ne repose maintenant plus sur rien et est juste comprimé sur la face ouest par un étai

- Sécuriser les côtés sud et nord avec des planches verticales maintenues par un pied droit qui les repousse. Bref de quoi descendre quasiment dans une cage !

Bonne chance aux prochains !

mercredi 6 novembre 2024

Cueva de S'Embuc

Majorque  lundi 28 Octobre 2024

Jean Marie (+5 Tritons) TPST : 4 heures


Il était prévu une sortie à la grotte de Colomb (300 m de nage le long des falaises). 

Entrée de la Cueva Colom la veille, jour calme

Mais la tempête de la nuit laisse une houle de 2 mètres peu propice au barbotage au milieu des récifs. 



Repli vers la Grotte fossile de S'Embuc. P14 d'entrée suivi d'une salle pentue et richement concrétionnée. 






Au passage, petite opération de sauvetage, brevetée SSF. Ce qui est rare à l'étranger :

Le vendredi il est prévu une visite et déséquipement de la grotte de Sa Campana (-220) ou une équipe avait laissé les cordes la semaine précédente. Sur le parking nous rencontrons 3 spéléos grenoblois qui vont sur la même cavité. Deux jours avant, une des leurs a chuté de 10 mètres. Ils ont pu la ressortir mais un hélitreuillage a été indispensable pour éviter un brancardage sur un chemin long et exposé. Pendant que nous discutons une voiture de la Guardia Civil s'arrête et l'agent vient nous expliquer qu'un orage avec des précipitations exceptionnelles est prévu et qu'il déconseille toute activité de nature. Nous lui répondons que ça tombe bien, la cavité est fossile et là au moins on ne risquera rien. Nous poursuivons la préparation des kits sous son regard stupéfait. Il téléphone à sa chef qui se charge de mettre les points sur les "i" : "Vous comprenez ca que ça veut dire une interdiction ?" 

Photo des plaques d'immatriculation et des cartes d'identité par le garde présent. C'est bon, on a compris et on repart vaquer à d'autres occupations : la remontée du canyon de Pédruels à la rencontre d'Alex qu'on a laissé en chemin pour qu'il puisse le descendre... L'orage éclate quand nous arrivons au bar...

Une équipe sortira les cordes le lendemain.










vendredi 18 octobre 2024

Pémol...

Mercredi 14 Octobre 2024 André, Jean Marie TPST : 7 heures

Trou du Pémol, Trassanel 


Magnifique journée d'automne, ensoleillée. Désob classique pour évacuer la tension accumulée au chantier de la Ferrière. Ici le seul bloc qui eput nous tomber dessus est sécurisé depuis longtemps. Au fond les blocs tombent mais vers le bas de la faille. L'élargissement aperçue par André le mois dernier n'est qu'une illusion. Il va falloir faire une étude sur les hallucinations de fin de journée dans les chantiers saturés en monoxyde...

Vers le bas, la faille est visible sur plusieurs mètres. Etroite. Seul point positif : le courant d'air. Alterné mais le plus souvent aspirant. Le thermomètre affiche 21°, même abandonné dans une niche. Certes il faudrait peut être l'étalonner, mais il fait vraiment chaud. Calories accumulées dans la roche dans cette entrée qui a aspiré tout l'été ? A voir cet hiver. Dès qu'on s'active on est en nage, mais dès qu'on s'arrête (perçage...) le vent nous glace la nuque. Il faudra mettre une porte.



samedi 12 octobre 2024

Mon coeur est rempli d'effroi

Vendredi 11 Octobre 2024 ; La Ferrière, Fournes

TPST : 6 heures   André, Jean Noël, Dominique, Bruno, Jean Marie (photos vidéos : Jean Noël, Jean Marie)

Tout d'abord, un petit film, les explications suivront.


Si la vidéo ne s'ouvre pas copier le lien suivant :

https://youtu.be/nvjIuXqlJgA

Nous étions restés sur, ou plutôt sous, une trémie instable. Le matériel n'est pas vraiment celui qu'on retrouve sur les pages d'Expé :

IPN préparé par André, chevrons...

Pendant que Jean Noël et Bruno topotent les effondrements de surface pour les inclure sur le dessin, nous descendons l'IPN. 





balcon au dessus du ressaut terminal

Qui passe plus facilement que prévu. Différentes tâches de menuiserie nous occupent un moment. 


Après plusieurs essais et une action destructrice sur un angle empêchant le passage la poutre est enfin posée. Coté est elle rentre dans une niche finement ciselée au burin par André. Coté ouest elle est posée sur un énorme bloc de la forme d'une valise, ; 20 bon centimètres d'épaisseur collé (?) contre la paroi ouest. Mais... il y a toujours un "mais", le bloc en question repose sur... du sable, qui repose sur... rien !

En effet dessous un grand noir nous attire. Cloisonné de blocs coincés les uns sur les autres. Plus de vide que de roche. Les quelques sédiments qui restent à nos pieds filent vers les profondeurs. Le souffle régulier remonte la poussière sur plusieurs mètres ! On peut progresser facilement et... tout prendre sur la tête. D'un commun accord nous évacuons les lieux. Peut être y reviendrons nous quand la peur nous aura quittés...

Protection contre les feuilles mortes





dimanche 29 septembre 2024

Enthousiasme et désarroi

Samedi 28 Septembre 2024, Trou de la Ferrière, Fournes

André, Jean Marie ; TPST : 7 heures

Dopés par la découverte du panneau pointant le chemin suivi par l'eau (confer article précédent) nous revoilà chaud bouillant à la perte. Jean Noël bien qu'il n'ait pas (trop) rechigné à passer les étroitures a demandé un aménagement pour convois exceptionnels. C'est chose faite. Même la civière peut passer. J'espère que ce ne sera pas utile. 

Stockage

Le chantier est entre le bloc du milieu et la paroi dans le quart inférieur droit de la photo

Le chantier terminé nous descendons en fond de faille. La terre très légère et aérée s'effrite sans difficulté. Des roches de la taille d'un demi parpaing se déchaussent facilement. Quelques petits vides accélèrent la vidange. André me remplace, il creuse sur la gauche (position sur la photo 1) et un vide important apparaît contre la paroi : 3 mètre au moins (André pronostique toujours 3 mètres). 

A gauche d'André : la  paroi NEst de la faille, très saine. Dessous, devant et derrière le bloc qui tient tout. Devant à gauche d'André : les 3 mètres de vide. Au dessus... la trémie.

Le courant d'air remontant est parfaitement perceptible !!! Yes !!! c'est le souffle des profondeurs !!! Rien à voir avec celui ressenti dans les tubes d'entrée qui remonte aussitôt vers les effondrements situés en surface juste au dessus du trou. Et pourtant dehors il doit faire dans les 14°. 

L'eau est passée, le courant d'air remonte. Il ne reste plus qu'à suivre ! Voilà pour la partie "enthousiasme".

Nous descendons d'un bon mètre. Un bloc assez long posé horizontalement nous arrête. Il est à 20 cm de la paroi mais a le double mérite d'être parfaitement stable et de tenir les blocs accumulés à droite. André choisit d'attaquer la paroi de gauche et de créer une bulle pour être à l'abri. Bonne idée mais il est vite évident que le bloc est trop près et nous empêchera de passer. On se résout à détruire la partie avant ; il est assez gros pour que la partie restante tienne l'avalanche. Chose faite. Je m'assied donc dessus et creuse sereinement à mes pieds. Horreur, sous moi le bloc a bougé, peu mais il s'est descellé. Je ne me croyais pas capable de remonter aussi vite le ressaut. 

Remontée du ressaut

Rien ne se passe. André redescend prudemment et teste au pied de biche les blocs. Tous sonnent creux !!

On n'a pas le choix : le bloc "stable" part en éclats ainsi que son voisin. Le sol est jonché de gravas. Au dessus la trémie tient suspendue, par habitude.

Une seule solution : amener sur place le Lézard des trémies, l'Attila des étroitures, le Miyamoto de la désobstruction  qui se rit des avalanches : Syl... vain !

En attendant on prend les mesures pour acheter un IPN.