Blog du Gruissan Prospection Spéléo
Nos sorties sont ouvertes à tout spéléo pour si peu qu’il soit assuré (assurance initiation possible) et qu’il connaisse les règles élémentaires de savoir vivre.
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SPELEO, PLAISIR, ET RIEN D'AUTRE !
Quelques Catalans, un couple de Grenoblois, un Toulousain de Lyon, un Audois de Saint Etienne, Claire, Jean Marie
Belle occasion de remercier nos hôtes catalans pour leur accueil en novembre et la visite des Canalettes. Cécile et Charles, grenoblois de passage à Toulouse profitent de la sortie. Christophe, qui s'était porté volontaire pour tirer des gamates, est tout heureux de découvrir un joyau de plus dans le Triangle.
Angélique, Caroline, Claire, Christophe, Philippe, Sylvain, Jean Marie
TPST : 7 heures
Marche d'approche dans les mêmes conditions. Moins gelé qu'il y a 15 jours.
Claire n'est pas venue depuis octobre, la descente de la trémie l'inspire moyennement...
Une équipe part au fond et je reste avec Christophe à la chatière qui suit la trémie.
Premiers essais de désobstruction pour lui, avec un succès total. La paroi droite de la chatière est partie, c'est la voute qui tient la trémie. Le passage est beaucoup plus confortable. Nous rejoignons "l'équipe de pointe" et Sylvain remonte à la chatière bardé de piquets de vigne, d'une disqueuse, perfo, goujons... Bricodépot souterrain ! Il essaie de sécuriser comme il peut. Finalement les barres rassurent, mais si la trémie bouge elles seront incapables de retenir la masse de roche.
Si vous allez jeter un coup d'oeil ne descendez que quand le précédent est en sécurité en bas du premier ressaut !
NE PAS TOUCHER AUX BARRES METALLIQUES ET ENCORE MOINS AUX BLOCS QUI FONT SAILLIE (ils sont tentants comme prise mais tiennent la trémie +++)
Nous rejoignons l'équipe "de pointe"
Angélique a attaqué le fond terreux du chantier et pour sa première désob elle gagne pratiquement un mètre avant de dévier sur un niveau horizontal. Ce niveau ne donnera rien mais il servira d'étagère dans l'après midi pour poser des blocs.
Finalement nous descendrons de 2 / 3 mètres dans un volume entièrement rempli de terre légère et de blocs de taille diverse (ce qui fait 6 bons mètres en 2 sorties).
On prend un peu de retard à l'allumage avec Emile et on se rattrape en partie en abaissant le record de montée à 18 min, pourtant lourdement lesté d'une énorme masse recommandée par Jean-Marie, qui ne s'avérera d'aucune utilité.
Nous retrouvons une fois au fond nos trois gaillards déjà en action et qui ont profité de leur fraîcheur matinale pour venir à bout des blocs issus du tir précédent .
A cinq le chantier s'organise: Un au fond, 2 qui tirent les gamates jusqu'au faux-plancher, un (souvent grand!) qui les passe par la lucarne puis Emile (ensuite remplacé par Alain) qui jette le tout au fond des 2 trous borgnes en bas du premier ressaut.
On en profite au passage pour dégager tous les blocs qui trainaient sur le faux-plancher.
Et au fond?
Une bonne nouvelle déjà, tout se creuse très facilement, soit en terre meuble soit en blocs fragiles qui s'extraient sans difficulté. Nous conservons un bon mètre carré de surface de creusement pour être à l'aise et les gamates s'enchainent à un rythme redoutable.
Puis Caroline commence à dénicher "un pti trou", qui se recolmate aussi vite qu'il apparait...Puis deux...
Mais Philippe est également intrigué par un passage supérieur contre paroi par lequel il entend les cailloux tomber un peu ("un bon petit mètre " selon Alain) et qui semble laisser échapper un peu d'air.
Il faut choisir...Creuser contre paroi aurait surement plus de sens qu'au coeur du remplissage mais nous sommes déjà tellement descendus que nous insistons vers le bas, en espérant retrouver la paroi.
Plus nous creusons, puis les vides deviennent nombreux et importants. Alors que les forces s'amenuisent, nous poursuivons autant que possible pour essayer de terminer la journée sur une nouvelle encourageante.
Mais çà ne sera pas pour ce coup-ci. Si les vides sont plus nombreux, la roche également! Et le temps gagné à ne pas remonter la terre est reperdu à devoir extraire les blocs.
Bilan des courses : 4 m de descendus sous le plancher. Toujours pas d'air au fond tandis qu'il s'est pourtant nettement accentué dans l'étroiture en bas de la trémie.
Il faut pour pouvoir travailler raisonnablement être à présent 4, même si on peut avancer à 3.
Christophe C, Christophe H, Angélique, Caroline, Jean Marie
La préparation des moyens de désob se révélant une contrainte certaine j'ai organisé un petit atelier pratique pour que chacun soit autonome dans la préparation des sorties. C'est fait.
Le seul regret est que le café de Trassanel demeure fermé en ce début s'année. Victime des restrictions covidiennes l'établissement n'a pas tenu. Nous espérons tous une réouverture prochaine.
Grotte Médiévale (Trassanel)
TPST : 5 heures
Christophe C, Christophe H, Philippe, Jean Marie
Le fond du Pémol n'a pas vu le soleil depuis l'automne, Les galets sont complètement gelés ce qui donne lieu à de belles glissades. Heureusement sans dégâts. Nous attaquons le flanc gauche, en plein soleil d'un coup. Et transpirons en quelques minutes.
Je retrouve la grotte avec le GPS, téléphone pas le club, autrement ça m'aurait pris un moment. Casse croute au soleil et nous descendons. Le travail entrepris est considérable (je n'étais pas venu depuis octobre). Un seul homme pour équilibrer cette trémie ! (avec la participation d'Emile il est vrai). Nous purgeons un bon 1/2 mètre cube de roche posé sur pas grand chose et qu'on prendrait en pleine poire s'il décidait de glisser un peu. Quelques poteaux de clôture et le grillage qui va avec, sans doute piqués au voisin, font semblant de tenir les 8 mètres de trémie.
La trémie vue du bas
On dit que ça tient et c'est prudemment mais sans trop de craintes que nous descendons. D'autant plus que dès la chatière passée nous sommes à l'abri. Descente des 2 ressauts découverts la semaine dernière. Nous attaquons le point bas. Rapidement un bloc nous arrête. 2 trous successifs foirent lamentablement. Je ne suis pas surpris : le "bloc" feuilleté de boue, roche et calcite n'offre aucune possibilité de compression.
Caroline est en bas, je passe la chatière et descends. Je sens une concrétion casser sous mon coude. Une stalactite de belle taille, bien effilée, chute sur Caroline qui a juste le temps de se reculer. pour une fois que la calcite empêchait tout risque d'éboulement on est passé pas loin d'un sale coup style "cliffhanger".
Philippe nous rejoint. Il est passé par la Grotte de Cabrespine et la crète et a eu beaucoup de mal à nous trouver. Perdu, il a essayé de me téléphoner, espérant que je sois encore en surface. Je n'y étais pas mais j'avais laissé mon téléphone allumé à l'entrée de lé grotte. Et là : 2 miracles : il y avait du réseau et la sonnerie de mon tel a été assez forte pur que Philippe l'entende (de loin) et se rapproche peu à peu, de coup de fil en coup de fil ! C'est pas beau la technique ?
Il arrive tout frais du marché au truffes et s'attaque à la margelle du trou avec une énergie insoupçonnée.
Faute de pouvoir détruire le bloc nous essayons de le contourner par dessous. Le creusement avance bien mais force est de constater que de toutes manières le bloc gênera quand même.
Philippe tente un perçage d'un plancher de calcite. Coup de fusil, comme j'en avais rarement entendu. Le résultat que je pensais nul est surprenant : le plancher n'existe plus, ce qui permet le démontage de tout un bord. Nous creusons jusque vers 17 heures et l'espace aperçu sous le bloc se comble de terre. Tout semble bouché. Christophe plonge la tête en bas, sous le bloc, réalisant un magnifique poirier. Ca continue bien latéralement avec du noir...
La suite est sous la calcite
Avant de partir je perce un dernier trou dans l'extrémité du bloc, conseillé par Caroline, pour ne pas remonter un accu encore à moitié plein. Je n'y crois pas.
Encore une fois, les prévisions de tirs ne valent pas grand chose. Le bloc est cassé en deux morceaux. Trop lourds pour être extraits. La prochaine fois il faut prendre une grosse masse. Travaillés par les vibrations ils devraient se briser.
Tout au long de l'après midi le courant d'air a été assez fort pour que les gaz partent en quelques minutes. En remontant, le courant d'air aspirant dans la chatière est fort, bien plus qu'au fond. Une partie doit passer ailleurs. A pister surtout s'il fait froid.
Retour par le lit glacé du Pémol. La lune couronne le Roc d'Agnel.
Christophe, Angélique, Jean Marie + passage de Caroline
TPST : 3 heures
Vu la météo j'avais choisi cette cavité pour la faible durée de la marche d'approche. Trois minutes quand même !
A l'entrée la place est prise : un gros tas de foin, nid de blaireau ? Je passe les pieds d'abord pour ne pas tomber nez à nez sur le bestiau. Rien ne bouge. Je continue mais la progression est difficile, gênée par de nouveaux amoncellements végétaux : 3 nids successifs de bonne herbe bien sèche. Vides. Je croyais qu'ils dormaient le jour, surtout en hiver ???
Bon, ça finit par passer et nous parcourons les étroitures suivantes. Pour une première vraie cavité nos 2 stagiaires s'en sortent parfaitement. D'autant plus que l'accès au dernier puits (lucarne étroite à 1.5 mètre du sol qui donne accès directement sur le fractio) est particulièrement gratiné.
Avec la pluie froide je n'avais pas trés envie de marcher rejoindre Sylvain à la grotte Médiévale. Mais il a changé le programme et nous décidons de nous retrouver au pont du Pémol pour une balade au Canac. Du coup Christophe et Angélique décident de venir également.
Je descend en voiture pour profiter du chauffage et me gare au Pémol juste quand Sylvain et Philippe sortent de la gorge.
Sylvain rentre chez lui récupérer Emile et je ramène Philippe chez lui ou un café me réchauffe enfin. Nous échangeons nos souvenirs sur le Canac (Ayrolles en fait, Canac c'est l'entrée supérieure). Une faille descendante pénible, trés pénible, et quelques étroitures pour moi, une simple boite aux lettres pour Philippe...
Retrouvailles à 14h au Pémol et nous voilà partis. Nous trouvons l'entrée assez facilement. Si je m'enfile dans la faille c'est bien parce que je sais que j'ai déjà pu en remonter, sinon j' y aurais envoyé Sylvain. Mes souvenirs étaient bons : infâme. Et quand nous débouchons dans une petite salle c'est pour ramper à nouveau dans la boite aux lettres de Philippe. Ce dernier râle, peste, rentre le ventre pour s'enrouler sur un bloc de la taille d'un ballon de foot coincé dans l'étroiture et sort enfin dans les grands volumes. Regard mauvais vers le bloc : "toi, se je reviens, je te dégage".
C'est vrai qu'avec quelques trous bien placés cette cavité serait une belle classique.
Balade vers la grande salle, quelques hésitations pour s'engager dans les étroitures qui permettent de boucler le parcours, mais tout se passe bien et nous nous retrouvons dans la salle des perles.
La remontée de la faille est un moment d'anthologie. Christophe en force, Angélique épuisée à se hisser à bout de bras sur la corde, sans trop se servir des appuis, mais ça se fait. Comme initiation c'est réussi ; ils auront fait dans la journée 2 des 3 pires cavités du coin (avec le Clergue). Retour vers les voitures pendant que Philippe remplit son casque de pieds de moutons.