mardi 16 février 2021

Enfin un peu de première

Dimanche 7 février 2021

Forêt de la Loubatière, Cals, 11

Claire, Jean Marie + une dizaine de Sorézois

TPST : 2 heures

Maison forestière de la Loubatière

Le club de Sorèze participait à une opération archéo pour dégager une église médiévale dans la forêt de la Loubatière, au dessus de Lacombe, extrémité nord ouest du département. Magali qui devait manquer d'activité à trainé un peu dans la forêt. Des dolines de soutirage parsèment la hêtraie, témoins de l'intense activité minière des siècles passés. Attirée par des affleurements calcaires elle a réussi à dénicher cette petite cavité. Je n'y croyais pas, mais c'est bien une grotte, une vraie.

Petit ressaut de 3 mètres et nous arrivons dans une belle salle. 

Guidés par le bruit des voix nous progressons vers le fond. Tout n'est pas encore élargi et certains passages sont limites. Je dis à Claire de faire attention de ne pas déplacer des blocs instables. On n'a plus l'habitude de ces précautions.

Au fond Fred me montre un passage étroit entre une dalle et un plafond parfaitement plats. Derrière c'est l'inconnu. Je me précipite sans hésitation. Mais c'est une illusion d'optique, je suis loin de passer. Pendant que Fred remonte chercher une massette, j'attaque le sol avec les cailloux trouvés sur place. La roche fracturée cède facilement et je réussis à passer l'obstacle. Fred me rejoint et nous parcourons sur une dizaine de mètres,  un fond de faille sans suite apparente. C'est peu mais c'est ma première première depuis 3 ans ! (hors Thaïlande)

Nous retrouvons le groupe. Jeronime, occupée à tirer des gamates, me montre un petit passage supérieur donnant accès à une niche concrétionnée. Je me hisse sur la paroi et une lame cède sous mon coude, de la taille d'un volant, épaisse d'une dizaine de centimètres. Elle se détache pour tomber un mètre plus bas sur ... le tibia de Jéronime ! Merde, j'ai bien cru qu'il était cassé. En fait elle s'en tirera avec un bel hématome. Quand je pense que j'avais dit à Claire de faire attention aux blocs !

Jéronime avait déjà  pris un caillou sur la tête la semaine dernière dans la même cavité...

Nous sortons vers midi, laissant les tarnais poursuivre leur désobstruction. Dehors le vent du nord est glacé. La cabane avec le feu de cheminée n'est pas un luxe.

Bon courage aux Soréziens, ce n'est pas tous les jours qu'on découvre une cavité vierge.

dimanche 7 février 2021

Kondalé, journée décisive

Samedi 30 janvier 2021

Aven du Kondalé, Trassanel

Sylvain, Marc, Jean Marie + Marius et Christophe (Sorèze)

TPST : 10 heures

Il y a des jours ou tout foire, d'autres ou ça baigne du début à la fin. Ce samedi rentre dans cette seconde catégorie.

5 personnes pour creuser au fond de la faille !!! Dont 2 qui viennent pour la seconde fois. Jusqu'alors, seuls 5 spéléos sont descendus plus d'une fois au fond pour bosser. Marius m'a assuré que Christophe même s'il avait peu d'expérience avait déjà fait de grosses sorties : bivouac au fond de Cabrespine avec nous en juin et une autre cavité importante avec des puits dont il ne se rappelle pas le nom... J'apprendrai en arrivant au fond que la cavité en question était... les Cazals... Il s'en est cependant admirablement tiré.

Je descend avec mon kit et 2 nouvelles gamates, ressemblant à un sapin de noël !

Viste de la faille concrétionnée. Des photos ont déjà été publiées mais c'est pas plus mal d'en montrer de nouvelles pour motiver les vocations (photos Christophe, avec son Ipad, sans flash):


























Arrivé au fond. Sylvain et Marc ont déjà tiré une paille chacun.

-190 camp de pointe avant la faille de la Pince à Sucre

Un petit sandwich rapide. Sylvain gratte au fond. Je le rejoins 3 mètres au dessus. Marc se positionne à mi faille. Marius et Christophe tire les gamates au sommet. Au début le rythme est un peu hésitant, quelques ratés, un peu comme un moteur 2 temps mal réglé. Parfois une gamate déborde et Marius crie à Marc, dessous, de faire attention. Mais que peut il faire d'autre que de rentrer le cou dans les épaules ? Il n' y a aucun ressaut pour se mettre à l'abri. Nous essuyons ainsi quelques grains passagers. Puis d'amélioration en amélioration, une poulie par ci, une poignée par là, le régime acquiert sa vitesse de croisière et les gamates s'enchainent. Jusqu'à 4 qui se suivent échelonnées sur les 12 mètres de la faille (ou plus). Sylvain en profite pour élargir le bas, dos à la suite. Je l'harcèle pour qu'il se retourne et dégage le bouchon qui cache la suite. Il finit par obtempérer. Sort quelques blocs. Le courant d'air s'amorce. Il extrait à bout de bras une lame de quelques 10 cm de large mais de grandes dimensions, bien 50 sur 100. Une floppée de blocs chute au fond avec les ricochets déjà entendus. Le courant d'air est maintenant fort comme jamais auparavant. Ce n'est pas un courant de convection la fumée de la clope de Marc sera repérable bien plus haut dans le réseau.

Et tout ça sans tomber ni massette ni burin... Quand je vous dit que la Pachamama est avec nous !

La faille est ouverte sous nos pieds. Oui, j'ai oublié de dire que Sylvain a tellement sorti de terre que maintenant on tient à deux sur le fond. Avec assez de place pour y manger !

Il sort sa botte secrète : l'endoscope préconisé par Masdan, qui ne dit pas que des conneries.

Dans la semaine il l'a testé sur lui ce qui a donné l'image ci-dessous. Il n'est pas précisé dans quel orifice l'essai a eu lieu.

Il sort donc l'appareil qui veut bien fonctionner. Et rien ne tombera, ni la caméra, ni les lasers. Rien ne restera accroché !

Vidéo de l'endoscope :





Résultat : sur bien 5 mètres la faille descend régulièrement. On ne peut pas voir plus bas. 15 à 20 cm de large. Son axe horizontal approche les 2 mètres. Et surtout, aucune lamé, concrétion ou bloc ne gênera la chute des gravas.Nous décidons pour les prochaines sorties de ne plus remonter les gamates mais d'agrandir la faille par des frappes chirurgicales multiples et de tout laisser tomber au fond.

En espérant :

que les gravas seront assez petits pour ne pas recoincer

qu'il y a assez de place au fond pour ne pas boucher la suite

qu'il y a une suite

Premier film de l'intégrale de la descente de la faille. C'est pas du Crochet, mais pas facile à filmer avec une frontale qui s'éteint tout le temps, la camera dans une main, et l'autre en appui (descente sans matos) :

https://youtu.be/wVmhppcDbHk




Remontée tranquille. Derrière moi, Sylvain a du temps à perdre. Il trouve amusant de coller son kit au cul du mien... 

Dans les tubes le courant d'air qui aspirait mollement le matin a pris plus de débit.

L'énergie dépensée peut s'évaluer à la proportion de jurons dans les échanges. Je progressais derrière Christophe : "putain, je suis coincé, putain...  putain...."

Tout le monde sort après 19 heures. Un peu tard pour rentrer sur Toulouse Sorèze ou Arfons. J'avais prévu de bivouaquer à la petite salle à gauche en entrant à Trassanel 2 :  plate, chaude et agréable.

Sylvain nous invite tous chez lui. On avait le Bar/restau à Trassanel, nous voilà avec Hôtel/restau à Laure. Douche chaude, pates à la truffe, tripes, livinière ... Le rêve !

Marc commencera à ronfler avant d'être complètement couché ! Le lendemain, chez moi, sa fille attendra une bonne partie de l'après midi qu'il se réveille.









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mercredi 27 janvier 2021

Dernière sortie avant le 3° acte ?

 Dimanche 24 janvier 2021

Grotte du Cimetière, Sallèles Cabardès

TPES : 3 heures

Jean Marie + 9 autres


Opération CDS pour fermer l'accès à la grotte du Cimetière avant l'équipement de la cavité en "grotte école"

Apparemment il ne devait pas y avoir grand monde. En fait on se retrouve à 10 pour défricher la zone, l'accès, et creuser 5 trous de 50 centimètres dans le sol de remblais.

Alain nous bricole un poteau en quelques coups de baguettes (à souder). En fin de matinée le chantier est bien avancé. Je quitte le groupe pour gagner le PC ou m' attend un repas digne des meilleurs restaurants. Ça rappelle le bon vieux temps...


Dimanche 24 janvier 2021

Trou des Glands Trassanel

TPST : 3 heures Jean Marie

Idéal pour une petite sortie en solo. La petite déviation d'eau réalisée lors de mon dernier passage fonctionne bien et le fond du trou est moins mouillé. Un bon tir dégage bien l'accès au bout du chantier mais le bout en question semble cette fois bien bouché. Une autre sortie avec un perçage latéral et soit ça ré-ouvre une faille soit je laisse tomber. 

Pour attendre l'évacuation des gaz je sors du tube et me dirige vers une petite galerie coudée à 90°. J'avais déjà remarqué ce coin mais sans matériel je n'avais bougé que quelques cailloux. Cette fois j'ai pensé à remonter massette, burin, et bios. Quelques coups de pics, quelques brassées de sable et un trou s'ouvre à l'endroit ou la galerie aurait pu se poursuivre sans cet angle à 90°. Je m'excite et redouble d'efforts. Du coup le trou se rebouche et je pense avoir été victime d'une hallucination. Il est l'heure de remonter. Dégoûté je lance un dernier coup de bios. Le trou s'ouvre à nouveau. Je sors quelques petits cailloux que je jette dans l'orifice. Ils tombent sur quelques dizaines de centimètres. Pas d'air.

Je me contenterai de ce mini soupirail et de ce son cristallin pour nourrir mes rêves de découvertes dans les semaines ou moins qui viennent, j'ai l'impression qu'on ne va pas pouvoir revenir sous terre de sitôt.


dimanche 10 janvier 2021

Débouchage du fond du Kondalé

Samedi 09 janvier 2021

Kondalé, Trassanel

Guillaume, Sylvain, Jean Marie

TPST : 9 heures

La première neige retarde mon arrivée au PC. On ne rappellera jamais assez la chance qu'on a de pouvoir prendre un bon café (seul ouvert pendant cette période de prohibition) avant de démarrer notre journée.

Descente tranquille en une heure. 

Le trou est sec comme jamais.

Dans les tubes d'entrée la vitesse du courant d'air en m/s (dehors il fait 0 degrés) peut être facilement calculée avec la formule suivante :

{∛(d³-√(nx6)-(Ts)²/2}/(1-cos(Tr-x))

ou :

d est le diamètre en décimètre du Tube Macron

n le numéro minéralogique du lieu

Ts la taille de Sylvain arrondie au mètre

Tr le temps de remontée en minutes

x le nombre de participants

Sylvain atteind le premier le fond du chantier. Je suis au palier intermédiaire et je l'entends grommeler : c'est étroit, la suite est pas terrible, il n'y a pas de courant d'air... Je crois que c'est la dernière fois que je viens ici... Je vais pas rester longtemps...

Ce qui est surprenant, le bonhomme étant généralement, sinon enthousiaste, en tout cas optimiste.

Alternance des postes, difficile de savoir lequel est le plus pénible. La remontée est prévue pour 16 heures.

15h30, Sylvain est à nouveau au fond. Le ton de sa voix a changé : je viens de sortir un caillou et dessous c'est noir avec un fort courant d'air !

Il jette un petit bloc et nous l'entendons ricocher longtemps, très longtemps !

Avec Guillaume, nous l'avions déjà entendu lors de nos sorties précédentes sans Sylvain, mais nos derniers tirs avaient bouché la faille.

Du coup le bougre se met à creuser comme un chien truffier et les gamates s'enchainent. Il a fallu l'extraire presque de force sinon je crois qu'on y serait encore.

Il reste à vider la terre et le sable qui bouchent encore la suite puis espérer que la faille s'élargira. Au moins pour permettre aux gravas de descendre. Au risque de boucher le fond. Le courant d'air soufflant, froid, est très net et nous motive pour un retour prochain.

Remonté en 1h33 ce qui est un bon temps. Le kit, pour une fois vraiment léger, ne m'a pas trop pénalisé. Même si je l'ai oublié en bas d'un P8, occasion de redescendre...

Ce qui m''a permis de réaliser que sans kit ce trou est une balade. Avec un gros sac, un enfer.

Passage rapide au PC et départ précipité pour ne pas passer devant la gendarmerie de Saissac après 20 heures (20h05 mais la place était déserte).



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samedi 19 décembre 2020

Une Sierra pour nous tous seuls

Sierra de Guara (Aragon)

Une semaine 

Claire, Pierre, Jean Marie + Marc et 7 autres


Fin 2020, météo pas terrible, ces confinements successifs qui insidieusement annihilent nos projets et nous maintiennent dans la grisaille monotone d'un début d'hiver.

Pour finir l'année de façon plus optimiste je vous propose ce petit film.

Semaine plus familiale que club, bien que 3 membres et demi du GPS soient présents.

Une Sierra de Guara totalement vide grâce au Corona (pour une fois).

Un groupe croisé sur tout le Véro, un guide et ses deux clients sur le Balcès. Personne sur la totalité du Péonera. Au point que s'en est presque angoissant. S'il nous arrive quelque chose nous ne pouvons compter que sur nous mêmes.

Place à l'action : soleil, ciel bleu, et eau turquoise.

Et bonne année 2021 à tous.


ou sur :

https://youtu.be/cyg9bpHHLtg