dimanche 7 mars 2021

Les nettoyeurs

Samedi 13 février 2021 (je publie un peu tard mais je suis débordé)

Guillaume, Sylvain, Jean Marie + Laurent + Christophe et Marius

TPST : 8 heures

Réseau du Mystère, Trassanel


Ça faisait un moment que nous pensions y revenir. Mais pour purger le chantier efficacement il faut être au moins 4. Ce samedi c'est inutile de se retrouver nombreux au fond du Kondalé ou un seul spéléo peut travailler désormais.

Pourquoi pas le Mystère. Guillaume, incertain avec une cheville endommagée vient aussi, avec son copain Laurent (le lendemain la cheville sera guérie, spéléothérapie...). Christophe et Marius motivés par le Kondalé sont partants. Ils ont bien mérité de se faire plaisir dans de grands volumes cette fois.

Tout se déroule normalement. Sylvain a oublié... sa combinaison, seul élément qu'il ne peut emprunter à Jean Claude. Normal je vous dit. Il repart chez lui la chercher.

Guillaume et Laurent sont partis en tête équiper le Puits qui siffle. Christophe descend. Je le suis pour surveiller ses manœuvres aux fractios. Marius est au dessus. Je suis au 2° frac. Un cri au dessus. suivi d'un bruit de choc contre la paroi. Je lève la tête (ce qu'il ne faut jamais faire). Juste le temps d'éviter un kit qui me frôle et disparaît dans le vide. Le kit a aussi raté Christophe. On l'entend rebondir , puis un bruit sourd et plus rien. Il faut savoir que ce puits de 100 mètres coupe à -70 la galerie de Trassanel III. Là une planche posée en travers du puits permet d'accéder à la galerie. La descente du puits suivant se fait à quelques dizaines de mètres de là. Lors de la découverte, les premiers explorateurs descendaient les 100 mètres directement. Mais à partir du niveau III le puits est étroit, ébouleux et gras. Je ne sais pas ou il jonctionne réellement. Je récapitule ce que contenait le kit : les affaires de Marius, les mèches, les pailles.... Comment va t-on récupérer tout ça ?

Ça fait 2 fois que j'évite un kit dans ce trou, la dernière fois c'était celui de JMi dans le P40.

Arrivé au III j'aperçois le kit, sur la galerie prés de la planche !!! Il a rebondi sur un ressaut et a atterri comme si quelqu'un l'avait déposé ! Quand ça veut ! Dedans les tubes en PVC n'ont pas supporté le choc mais les contenus sont intacts.

La suite de la progression se fait sans histoire. Si ce n'est les exclamations de nos 2 sorézois qui s'extasient à tout instant. Si je ne les avais pas poussés on y serait encore.













A 6, le dégagement du chantier avance rapidement. Un bon mètre cube de blocs est sorti. Nos 2 chantiers nettoyés en 2 sorties ! Sylvain en pointe tente 2 tirs. La suite parait étroite, le courant d'air faible. Il n'a pas le temps d'utiliser sa caméra, placée en bout de perche de ramonage. 

Essai de la perche à l'entrée du trou du Mystère

Il n'est pas très optimiste sur la suite. Ce qui ne veut rien dire.

Le crâne d'un des 3 ours gisant au niveau IV, à -150. Les ossements sont groupés, il est arrivé entier. Et pas par les puits qui sont à plusieurs centaines de mètres de là.

Remontée tranquille. Christophe est au top pour les fractios. D'ailleurs ce n'est plus un puits mais une via ferrata. Bon je ne vais pas faire le puriste, un bon fer à béton pour mettre les pieds c'est quand même plus confortable.

Nous sortons un peu avant 18 heures et nous devons partir rapidement. Moi je ne pense pas avoir de problèmes mais Marius doit rentrer à Castres, pas trop tard. Nous sommes garés à la base. Sylvain garé au château d'eau n'arrive toujours pas. Qu'est ce qu'il fout ? Il est sorti du trou avec nous. J'hésite un instant à remonter vers lui mais je ne  vois pas quel problème il a bien pu rencontrer. Juste un peu lent à se changer. Je confie sa massette à Jean Claude et nous partons rapidement.

Fin de la journée. Quoique...

JMarie, photos de Christophe

Trou de l’amorto

TPSP(icasso) : 1h30

10 cm de première.

Presque 18h. Pendant que les Tarnais détalent comme des lapins vers la base, sous la pression du couvre-feu, je prends mon temps pour me changer à côté de mon véhicule, resté seul au bout du chemin.

Ma clé de voiture est, comme souvent, « planquée » sur la coupelle d’amortisseur de ma roue avant gauche. C’est plus sûr que de passer 10 minutes à chercher le bon caillou ! Enfin c’est ce que je pensais…

Sans regarder, je glisse ma main gantée à sa rencontre et j’entends un bruit de chute et de cliquetis un peu du style de celui émis par les cailloux chutant dans le puit de la Pince à sucre. En moins long quand même.

Je regarde au sol. Rien ! Au niveau de l’amortisseur, sur la jante…toujours rien ! Je vais chercher ma frontale. Pas mieux. Ma Scurion allumée plein gaz, mes mains enfouies dans la graisse de l’essieu et fouillant le moindre recoin. Aucune trace de la clé !

Je commence à me poser sérieusement des questions sur mes capacités à la retrouver mais me dis que mes collègues, qui ne sont qu’à 50 m en train de se changer vont venir voir pourquoi je ne reviens pas avant de partir…jusqu’à ce que j’entende les moteurs démarrer et s’éloigner rapidement ! Belle solidarité ! Le double est dans la voiture (je sais…), le téléphone aussi….

Soudain, l’éclair de génie ! C’est le moment ou jamais d’utiliser mon endoscope, exactement prévu pour çà. Je faufile la caméra dans tous les trous et l’image est parfaite… durant 10 secondes, avant que l’écran ne s’éteigne brutalement. Je me souviens alors que l’appareil s’est malencontreusement allumé dans le kit, bouffant toute la batterie !

Il commence à faire nuit , je suis trempé et gelé et je me dis que ça ne sens pas bon…Je tente ma dernière cartouche. Je creuse le sol avec massette et burin de manière à pouvoir passer ma tête sous le bas de caisse, particulièrement bas sur ces voitures. J’y parviens, tête sur le côté, avant de me remettre sur le dos. J’ai d’ici un bon angle de vue mais je ne vois toujours rien. Pire, impossible de ressortir ! J’ai dû me décaler un peu du trou creusé et les oreilles font obstacle à la marche arrière ! Grand moment de solitude…J’ai passé sans encombre toutes les étroitures du Mystère pour finir coincé sous ma voiture !

La joue collée au sol, je parviens finalement à me dégager, en laissant une oreille sous le pare-choc .

Finies les conneries. Je remballe mes affaires et débarque piteusement chez Jean-Claude en me réjouissant malgré tout que cela soit arrivé si proche de la civilisation.

Jean-Claude me ramène, attestation dérogatoire en poche à 19h30.

Je reviens le lendemain, armé jusqu’aux dents, trousse à outil, cric, endoscope rechargé…

Je compte lever la voiture et démonter la roue. Je pense soudainement que la roue possède un écrou antivol dont la clé est….dans la voiture ! Qu’à cela ne tienne, j’essaye malgré tout de lever la Picasso à l’aide du cric prévu pour une Scénic. La manivelle ne peut se mettre que sous la voiture. Impossible de lever. Je l’enfile donc à l’envers, partie pointue au sol, ce qui me permet de tourner…mais pas de lever. Arrivée en bout de course du cric, la roue avant n’a pas bougé d’un poil, le cric est enfoncé de 10cm dans le sol et la roue arrière est levée de 20 cm !!!

Je suis à 2 doigts de prendre un caillou pour fracasser la vitre, quand je m’aperçois que même si la roue avant n’a pas décollé du sol, le soulagement du poids de la voiture a bien agrandi l’espace entre l’aile et le haut de la roue.

Cela me permet de repérer un petit étui noir d’une dizaine de cm, dans lequel s’engage un câble et qui était jusqu’alors complètement resté caché. J’y glisse mes longs doigts et contient ma joie. Elle est là !

Encore au moins 5 min pour crocheter l’anneau de la clé avec un fil de fer et le tour est joué.

On peut donc rajouter presque 3 h à la sortie, et une belle découverte d’une excavation qui était restée jusqu’ici complètement inconnue.  

Sylvain

What do you want to do ?
New mail

mardi 16 février 2021

Enfin un peu de première

Dimanche 7 février 2021

Forêt de la Loubatière, Cals, 11

Claire, Jean Marie + une dizaine de Sorézois

TPST : 2 heures

Maison forestière de la Loubatière

Le club de Sorèze participait à une opération archéo pour dégager une église médiévale dans la forêt de la Loubatière, au dessus de Lacombe, extrémité nord ouest du département. Magali qui devait manquer d'activité à trainé un peu dans la forêt. Des dolines de soutirage parsèment la hêtraie, témoins de l'intense activité minière des siècles passés. Attirée par des affleurements calcaires elle a réussi à dénicher cette petite cavité. Je n'y croyais pas, mais c'est bien une grotte, une vraie.

Petit ressaut de 3 mètres et nous arrivons dans une belle salle. 

Guidés par le bruit des voix nous progressons vers le fond. Tout n'est pas encore élargi et certains passages sont limites. Je dis à Claire de faire attention de ne pas déplacer des blocs instables. On n'a plus l'habitude de ces précautions.

Au fond Fred me montre un passage étroit entre une dalle et un plafond parfaitement plats. Derrière c'est l'inconnu. Je me précipite sans hésitation. Mais c'est une illusion d'optique, je suis loin de passer. Pendant que Fred remonte chercher une massette, j'attaque le sol avec les cailloux trouvés sur place. La roche fracturée cède facilement et je réussis à passer l'obstacle. Fred me rejoint et nous parcourons sur une dizaine de mètres,  un fond de faille sans suite apparente. C'est peu mais c'est ma première première depuis 3 ans ! (hors Thaïlande)

Nous retrouvons le groupe. Jeronime, occupée à tirer des gamates, me montre un petit passage supérieur donnant accès à une niche concrétionnée. Je me hisse sur la paroi et une lame cède sous mon coude, de la taille d'un volant, épaisse d'une dizaine de centimètres. Elle se détache pour tomber un mètre plus bas sur ... le tibia de Jéronime ! Merde, j'ai bien cru qu'il était cassé. En fait elle s'en tirera avec un bel hématome. Quand je pense que j'avais dit à Claire de faire attention aux blocs !

Jéronime avait déjà  pris un caillou sur la tête la semaine dernière dans la même cavité...

Nous sortons vers midi, laissant les tarnais poursuivre leur désobstruction. Dehors le vent du nord est glacé. La cabane avec le feu de cheminée n'est pas un luxe.

Bon courage aux Soréziens, ce n'est pas tous les jours qu'on découvre une cavité vierge.

dimanche 7 février 2021

Kondalé, journée décisive

Samedi 30 janvier 2021

Aven du Kondalé, Trassanel

Sylvain, Marc, Jean Marie + Marius et Christophe (Sorèze)

TPST : 10 heures

Il y a des jours ou tout foire, d'autres ou ça baigne du début à la fin. Ce samedi rentre dans cette seconde catégorie.

5 personnes pour creuser au fond de la faille !!! Dont 2 qui viennent pour la seconde fois. Jusqu'alors, seuls 5 spéléos sont descendus plus d'une fois au fond pour bosser. Marius m'a assuré que Christophe même s'il avait peu d'expérience avait déjà fait de grosses sorties : bivouac au fond de Cabrespine avec nous en juin et une autre cavité importante avec des puits dont il ne se rappelle pas le nom... J'apprendrai en arrivant au fond que la cavité en question était... les Cazals... Il s'en est cependant admirablement tiré.

Je descend avec mon kit et 2 nouvelles gamates, ressemblant à un sapin de noël !

Viste de la faille concrétionnée. Des photos ont déjà été publiées mais c'est pas plus mal d'en montrer de nouvelles pour motiver les vocations (photos Christophe, avec son Ipad, sans flash):


























Arrivé au fond. Sylvain et Marc ont déjà tiré une paille chacun.

-190 camp de pointe avant la faille de la Pince à Sucre

Un petit sandwich rapide. Sylvain gratte au fond. Je le rejoins 3 mètres au dessus. Marc se positionne à mi faille. Marius et Christophe tire les gamates au sommet. Au début le rythme est un peu hésitant, quelques ratés, un peu comme un moteur 2 temps mal réglé. Parfois une gamate déborde et Marius crie à Marc, dessous, de faire attention. Mais que peut il faire d'autre que de rentrer le cou dans les épaules ? Il n' y a aucun ressaut pour se mettre à l'abri. Nous essuyons ainsi quelques grains passagers. Puis d'amélioration en amélioration, une poulie par ci, une poignée par là, le régime acquiert sa vitesse de croisière et les gamates s'enchainent. Jusqu'à 4 qui se suivent échelonnées sur les 12 mètres de la faille (ou plus). Sylvain en profite pour élargir le bas, dos à la suite. Je l'harcèle pour qu'il se retourne et dégage le bouchon qui cache la suite. Il finit par obtempérer. Sort quelques blocs. Le courant d'air s'amorce. Il extrait à bout de bras une lame de quelques 10 cm de large mais de grandes dimensions, bien 50 sur 100. Une floppée de blocs chute au fond avec les ricochets déjà entendus. Le courant d'air est maintenant fort comme jamais auparavant. Ce n'est pas un courant de convection la fumée de la clope de Marc sera repérable bien plus haut dans le réseau.

Et tout ça sans tomber ni massette ni burin... Quand je vous dit que la Pachamama est avec nous !

La faille est ouverte sous nos pieds. Oui, j'ai oublié de dire que Sylvain a tellement sorti de terre que maintenant on tient à deux sur le fond. Avec assez de place pour y manger !

Il sort sa botte secrète : l'endoscope préconisé par Masdan, qui ne dit pas que des conneries.

Dans la semaine il l'a testé sur lui ce qui a donné l'image ci-dessous. Il n'est pas précisé dans quel orifice l'essai a eu lieu.

Il sort donc l'appareil qui veut bien fonctionner. Et rien ne tombera, ni la caméra, ni les lasers. Rien ne restera accroché !

Vidéo de l'endoscope :





Résultat : sur bien 5 mètres la faille descend régulièrement. On ne peut pas voir plus bas. 15 à 20 cm de large. Son axe horizontal approche les 2 mètres. Et surtout, aucune lamé, concrétion ou bloc ne gênera la chute des gravas.Nous décidons pour les prochaines sorties de ne plus remonter les gamates mais d'agrandir la faille par des frappes chirurgicales multiples et de tout laisser tomber au fond.

En espérant :

que les gravas seront assez petits pour ne pas recoincer

qu'il y a assez de place au fond pour ne pas boucher la suite

qu'il y a une suite

Premier film de l'intégrale de la descente de la faille. C'est pas du Crochet, mais pas facile à filmer avec une frontale qui s'éteint tout le temps, la camera dans une main, et l'autre en appui (descente sans matos) :

https://youtu.be/wVmhppcDbHk




Remontée tranquille. Derrière moi, Sylvain a du temps à perdre. Il trouve amusant de coller son kit au cul du mien... 

Dans les tubes le courant d'air qui aspirait mollement le matin a pris plus de débit.

L'énergie dépensée peut s'évaluer à la proportion de jurons dans les échanges. Je progressais derrière Christophe : "putain, je suis coincé, putain...  putain...."

Tout le monde sort après 19 heures. Un peu tard pour rentrer sur Toulouse Sorèze ou Arfons. J'avais prévu de bivouaquer à la petite salle à gauche en entrant à Trassanel 2 :  plate, chaude et agréable.

Sylvain nous invite tous chez lui. On avait le Bar/restau à Trassanel, nous voilà avec Hôtel/restau à Laure. Douche chaude, pates à la truffe, tripes, livinière ... Le rêve !

Marc commencera à ronfler avant d'être complètement couché ! Le lendemain, chez moi, sa fille attendra une bonne partie de l'après midi qu'il se réveille.









What do you want to do ?
New mail

mercredi 27 janvier 2021

Dernière sortie avant le 3° acte ?

 Dimanche 24 janvier 2021

Grotte du Cimetière, Sallèles Cabardès

TPES : 3 heures

Jean Marie + 9 autres


Opération CDS pour fermer l'accès à la grotte du Cimetière avant l'équipement de la cavité en "grotte école"

Apparemment il ne devait pas y avoir grand monde. En fait on se retrouve à 10 pour défricher la zone, l'accès, et creuser 5 trous de 50 centimètres dans le sol de remblais.

Alain nous bricole un poteau en quelques coups de baguettes (à souder). En fin de matinée le chantier est bien avancé. Je quitte le groupe pour gagner le PC ou m' attend un repas digne des meilleurs restaurants. Ça rappelle le bon vieux temps...


Dimanche 24 janvier 2021

Trou des Glands Trassanel

TPST : 3 heures Jean Marie

Idéal pour une petite sortie en solo. La petite déviation d'eau réalisée lors de mon dernier passage fonctionne bien et le fond du trou est moins mouillé. Un bon tir dégage bien l'accès au bout du chantier mais le bout en question semble cette fois bien bouché. Une autre sortie avec un perçage latéral et soit ça ré-ouvre une faille soit je laisse tomber. 

Pour attendre l'évacuation des gaz je sors du tube et me dirige vers une petite galerie coudée à 90°. J'avais déjà remarqué ce coin mais sans matériel je n'avais bougé que quelques cailloux. Cette fois j'ai pensé à remonter massette, burin, et bios. Quelques coups de pics, quelques brassées de sable et un trou s'ouvre à l'endroit ou la galerie aurait pu se poursuivre sans cet angle à 90°. Je m'excite et redouble d'efforts. Du coup le trou se rebouche et je pense avoir été victime d'une hallucination. Il est l'heure de remonter. Dégoûté je lance un dernier coup de bios. Le trou s'ouvre à nouveau. Je sors quelques petits cailloux que je jette dans l'orifice. Ils tombent sur quelques dizaines de centimètres. Pas d'air.

Je me contenterai de ce mini soupirail et de ce son cristallin pour nourrir mes rêves de découvertes dans les semaines ou moins qui viennent, j'ai l'impression qu'on ne va pas pouvoir revenir sous terre de sitôt.