dimanche 8 novembre 2026

Reprise musclée à la Coume Ferrat

 Gouffre de la Coume Ferrat, Balagué, Ariège

TPST : 14h

Guillaume, Camille, Anthony, Sylvain


Celà faisait bien longtemps que nous n'avions pas fait de sortie loin de nos bases, et pour ma part, de spéléo tout court.

Sur les bons conseils de Gilles, nous portons notre choix sur le gouffre de la Coume Ferrat, à seulement 2h30 de chez nous et qui a surtout l'énorme intérêt d'être entièrement équipé! Il fait partie, avec le gouffre d'Uchau et de Bagages, du réseau Paloumé, qui totalise plus de 10 km pour -795 m de profondeur.

Accompagné d'Anthony, je retrouve Camille et Guillaume déjà attablés à St Girons vendredi soir.

Puis nous regagnons le petit parking du début de la piste, après le petit village de Balagué. Camille et Guillaume dorment dans le fourgon. Nous passons avec une Anthony une très bonne nuit dans le Picass'hôtel, équipé pour l'occasion, et à peine reveillés par le meuglement d'une vache au beau milieu de la nuit. 

A 6h30, il ne nous faut pas longtemps pour prendre la décision de remonter les 5 km de pistes en voiture, piste normalement non autorisée aux véhicules, hors spéléo déclarés en préfecture... Tout va bien donc...

Nous laissons le van de Guillaume dans un virage, avant d'arriver aux fermes de Pradas et coupons à travers les champs à flanc de colline. Effectivement, aucun chemin dégagé, le gouffre étant étonnament très peu fréquenté, mais je m'attendais à bien pire en terme de bartassage. La machette me sert finalement plus de canne que de débrousailleuse et nous trouvons l'entré sans trop d'encombre. Les Barbis étant particulièrement lents en terme de préparation, il est finalement plus de 9h lorsque nous pénétrons dans la bête.

Un court méandre nous amène au sommet du P 214 (je n'ai pas oublié la virgule). La main-courante à mettre en place, d'une quinzaine de mètres, constitue le seul équipement à réaliser. Pas compliqué, mais suspendu au dessus de plus de 200 m de vide, çà procure tout de même son petit frisson.

Le puits est fractionné en 5-6 longueurs dont 2 d'une bonne cinquantaine de mètres, sans aucun contact avec la paroi. les lumières de mes camarades au dessus paraissent bien faibles et je ne me hasarde même pas à tenter une photo.

Le dernier tronçon est déjà bien arrosé!


Une fois en bas un premier choix s'offre à nous. Poursuivre par une dernière corde jusqu'au fond où s'engager dans une étroiture, elle aussi équipée. 

Gilles m'a bien signalé 2 endroits où prendre garde à ne pas se tromper mais je n'ai rien noté pour ce passage. Nous nous engageons dans l'étroiture, qui me semble être le passage le plus logique. Mais après une courte descente, une succession de cordes nous font remonter fortement. Arrivé à la troisième, je me dis que nous avons fait fausse route et j'invite tout le monde à faire demi-tour. Nous descendons alors avec Anthony par un ressaut boueux équipé et retrouvons un petit actif tout au fond qui après quelques dizaine de mètres devient impénétrable. 

Caramba, il faut tout refaire dans l'autre sens. Voilà une bonne heure de perdue et surtout une précieuse énergie...

Effectivement, après la troisième escalade, çà descendait de nouveau...

Nous repérons sans hésiter le passage de la télévision, bien indiqué



Puis en haut du P24, qui nous parait à tous bien plus haut, nous entendons enfin la rivière, que nous regagnons à proximité d'une cascade.


                                         


La progression le long (ou dans) la rivière devient splendide et l'ambiance sonore impressionnante.






Nous traversons un chaos de gros blocs dans lequel il est parfois difficile de trouver son chemin, avant d'acceder à une main courante spectaculaire donnant sur un magnifique P50 avec vue sur cascade.






Puis après une nouvelle progression semi-aquatique, nous atteignons le "vestiaire", petite salle sèche surplombant la rivière. Nous sommes rentrés depuis dépuis déjà 4h30 et il est temps de prendre un premier repas avant d'enfiler nos néoprènes pour la suite, plus aquatique.

Camille, qui n'a pas très bien dormi se tâte, pensant déjà à la longue remontée qui l'attend. C'est décidé, il prend le chemin du retour escorté par Guillaume.



Ne voulant pas trop me charger, je me suis décidé pour un fin shorty. Je ne le regretterai pas. Nous allons à un bon rythme, et sans jamais s'immerger plus haut que le nombril, le froid ne se fera pas sentir.
Certains passages en cascades sont magnifiques, tandis que la suite devient un peu plus linéaire et monotone.

L'objectif est d'arriver jusqu'à la coulée blanche mais nous avons un peu de mal à nous repérer dans le cheminement indiqué et ne savons pas trop nous situer, n'ayant notamment pas vu le premier bivouac.




Mais après un peu moins de 2 h de marche la voici enfin. Et franchement çà valait le coup!













Nous continuons encore 5-10 min puis fasons demi-tour, commençant à penser à la longue remontée qui nous attend. Le retour au vestiaire se fait au pas de course en 1h30. Nous essayons autant de faire que peut de marcher de front car le mondmilch qui recouvre le sol trouble copieusement l'eau par le passage du premier, rendant la progression du second autant aléatoire qu'inesthétique.

Après une nouvelle restauration au vestiaire, nous entammons la longue remontée que nous ferons finalement plus rapidement que la descente! 3 h jusq'au bas du P214 puis 1h15 pour ce dernier soit un peu moins de 3 m/min...

A chaque fractio, l'elasticité de la corde est telle qu'il faut pomper au moins 10 fois avant de changer de corde tout en redescendant 5 m sous le frac! Décourageant...
Aux 2/3 du puits, je me retiens, pour éviter de heurter la paroi,  à une grande concrétion rongée par l'eau qui me reste littéralement dans la main, laissant quelques cailloux frôler Anthony, 50 m dessous.

Je me retrouve avec un bon mètre de concrétion dans la main, qui doit bien faire 15-20 kg sans savoir quoi en faire! Je préviens Anthony que je vais devoir balancer l'affaire loin de lui au beau milieu du puits puis je m'execute. La stalagmite s'écrase 150 m plus bas dans un fracas assourdissant. Anthony, qui n'avait pas entendu l'annonce fait remonter une virulente envolée lyrique plus tonitruante encore!
Le danger n'est pas toujours là où on l'attend!

Nous sortons un peu après 23 h et décidons de rentrer cette fois par le haut. Retour sans trop de difficultée, quoique bien secoués à tour de rôle (merci Anthony!) par une clotûre à vache électrifiée dont nous apprendrons plus tard qu'elle a aussi reçu la visite de Guillaume et Camille. Nous trouvons ces deux là en pleins rêves dans le fourgon, bien que Camille ait déjà commencé sa nuit en bas du P200!

Ils là poursuivrons encore, de retour au parking, tandis que nous prenons directement la route du retour avec Anthony.

En résumé, une sortie vraiment magnifique, sportive et esthétique et nichée dans un très bel environnement. Un grand merci à Gilles pour l'idée et les consignes.

Aucun commentaire: