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jeudi 5 mars 2026

Tham Mae Lana

Jeudi 05 Mars 2026 Tham Mae Lana

Hier nous sommes rentrés à 23 heures, ce qui ici est exceptionnel. Aujourd'hui : grasse matinée, pt dej à 9h. Jour de repos ; mais occupés quand même : petite séance photo dans Tham Mae Lana

Coque de protection pour éviter les choc avec les lames rocheuses immergées





Cal en profite pour escalader un affluent perdu depuis l'exploration d'une équipe belge dans les années 1990. Une longue pente de boue glissante. L'an dernier il n'avait pas l'équipement nécessaire.

 Maintenant c'est fait



Dans la série " nous ne sommes jamais seuls" :les crevettes







Enfin de la première

Mercredi 4 Mars 2026 Tham Gloua

Plusieurs objectifs. 

Avec Gery nous devons essayer de trouver une jonction entre l'éboulis d'entrée et une salle remontante topographiée par Piotr et John dimanche dernier. Un bay pass permettrait d'éviter le monstrueux éboulis et la partie amont du ruisseau? Et éviterait beaucoup d'efforts pour un gain de temps appréciable. Nous avons creusé plusieurs passages mais sans succès. Un ARVA sera indispensable l'année prochaine pour savoir ou intervenir.

Ensuite nous avons parcouru la base de la falaise de la doline à la recherche d'entrée supérieures. Cela n'avait jamais été fait. Nous n'avons rien trouvé.

Enfin nous avons commencé la désobstruction de Tham Gloua 2. En fin de journée la fumée d'un bâton d'encens était nettement inspirée. A revoir.


De leur coté, Amp et John on terminé la topographie de la partie terminale de Tham Gloua. Ce qui n'avait pas pu être réalisé l'an dernier. Ils ont du recreuser quatre voûtes mouillantes réensablées par les crues. Au retour les conditions climatiques ont changé à l'extérieur et la galerie s'est peu à peu contaminée par du CO2. Ils sont sortis à 21h30 bien entamés.

Enfin Piotr, assuré par Cal, a pu finaliser un des objectifs majeurs. La sixième cascade se jette du haut d'une vingtaine de mètres dans une vaste salle. Sur la paroi opposée à une trentaine de mètres de là une cascade affluente émerge. Il a réussit la traversée ! 5 heures d'efforts dans des conditions difficiles : embruns et vacarme des deux cascades, parois recouvertes d'une dizaine de centimètres de boue fine et liquide, roche recouverte d'une épaisse couche de calcite avec un vide entre les deux... 



Départ de la traversée





Il a du utiliser de longs goujons de 13 cms. Au sommet de cette seconde cascade enfin une exploration en première : pas très large ni très haut mais l'affluent est remontable. Arrêt et retour à cause de l'heure tardive.

La roche est hyperérosive. près quelques trous la mèche (neuve)
est complètement oxydée


mardi 3 mars 2026

Désobs tropicales

Rien d'extraordinaire ces derniers temps. Dimanche c'était un jour de repos après six journées consécutives. On en a quand même profité pour faire un tour à la perte de Tham Gloua qui depuis l'an dernier a migré de plus de 150 mètres. En creusant un canyon de 5 à 6 m de profondeur dans les sédiments de la colline. 




Le point de disparition du ruisseau a été vite ouvert. Mais c'est l'opération la plus stupide qu'on a pu tenter. Pour passer, il suffit de sortir le bloc sur la droite. Ensuite c'est un puits pénétrable. Si on le sort on se prend l'effondrement de la paroi sur les casques. Ah, si on avait André, ses pieds droits et sa technique de consolidation des trémies instables !!! Mais ici on n'a que la massette et le burin...

Hier, lundi, une équipe est allé poser les cordes dans les six cascades de Tham Gloua et Piotr a commencé une traversée au dessus d'une salle de 20 mètres pour aller rejoindre une cascade du coté opposé. 



Avec Gery nous sommes revenus à Tham Sixties. Nous avons suivi le ruisseau jusqu'à sa disparition sous la falaise mais nous n'avons rien reconnu. L'entrée est bouchée par des blocs, impénétrable. Au bout d'un moment je me décide à ressortir AlpinQuest ou j'avais enregistré les coordonnées de l'entrée. Il me fait dévier d'une trentaine de mètres sur la droite et effectivement nous retrouvons l'entrée désobstruée l'an dernier. Ici aussi les dernières moussons ont été dévastatrices. Dans la cavité le sable a remplacé les cailloutis de l'an dernier. Ce qui n'est pas plus mal puisqu'on doit ramper sous l'éboulis. Nous avançons un peu plus loin que l'an dernier mais sommes quand même arrêtés par des blocs qui mériteraient bien quelques opérations tonitruantes. 


Mais on n'a pas ca ici. Au plafond plusieurs amas de ce style ; racines ?








En fait il s'agit d'essaims d'opilions de milliers, parfois dizaines de milliers d'individus. A la chaleur de nos lampes (ou la lumière) ils se laissent tomber en grappes sur le sol et disparaissent rapidement dans les anfractuosités. Il n'y a plus qu'à ramper.

Nous repartons rejoindre l'autre équipe et en les attendant débarrassons l'entrée de Tham Gloua 2 des débris amenés par les crues. 

Avant nettoyage

En cours


Il est temps de rejoindre la voiture ou nous retrouvera l'autre équipe.





Aujourd'hui, prospection dans le Parc National proche. Village de la tribu Lahu. Machetage dans un fond de doline et nous découvrons une petite grotte fossile. 



Cherchez Géry...


Enfin de la vraie première. 





En remontant, dans la forêt nous trouvons des sacs de racines de gingembre jetées par les ramasseurs. Il y en a des dizaines de kilos. Nous faisons le plein pour notre cuisinière. 


Enfin, juste avant la voiture nous tombons sur une "spirit house". Endroit ou les fantômes peuvent résider pour protéger le village. Le bouddhisme n'est jamais arrivé dans ces montagnes retirées et les populations sont restées animistes.

maison des fantômes








samedi 28 février 2026

Tham Mae Lana

Samedi 28février 2026 Soppong Thaïlande ; TPST : 7 heures

Cal, John, Jean Marie  photos Cal, Jean Marie


Gery est HS et aujourd'hui Piotr est malade. Nous nous retrouvons à 3 pour chercher un affluent non entièrement exploré de Tham Mae Lana. Tham vous avez compris j'espère  veut dite "grotte"; Mae Lana "la mère des rivières". Il faut dire que la rivière vaut le coup : traversée d'une dizaine de kilomètre ! Explorée par des australiens dans les années 1980. Ils bivouaquaient plusieurs jours au milieu de la cavité et avaient le temps de farfouiller. Ce qui n'est pas notre cas. L'an dernier nous sommes allée jusqu'au siphon intermédiaire. Cette fois nous voulons le dépasser par un éboulis latéral, retrouver l'amont de la rivière et le départ de l'affluent nord.

Descente par un bon chemin (il faudra remonter en sortant...). 


Changement rapide de vêtements et nous entrons. Une heure et demi de barbotage et de nage à contre courant. Le débit est conséquent et pourtant nous sommes en fin de saison sèche. Dix mètres au dessus de nous quelques bouts de plastique et des branches indiquent qu'il ne vaut mieux pas être ici pendant la mousson. Des barres rocheuses sont cachées sur le lit de la rivière et comme l'eau n'est pas vraiment transparente la progression est laborieuse. On finit donc par arriver à la plage aval. 

Nous arrivons sur une salle plate bien au dessus de la rivière. 

Avec les traces de passages des groupes de touristes. Oui, ils organisent la traversée pour des gens qui n'ont jamais mis les pieds sous terre !!! Je ne sais pas à quel pourcentage de pertes ils ont droit !!

Il faut remonter les salles fossiles, traverser un immense pierrier pour redescendre vers l'amont. Nous mettons un moment à trouver les passages. 

Pas évident de se retrouver sur une topo de 12km imprimée sur une feuille A4

Maintenant que nous sommes sortis de l'eau la chaleur est vite insupportable. Cal trouve un couloir sous une énorme stalagmite. C'est bon il n'y a plus qu'à poursuivre. Nous sommes dans une autre dimensions : salles immenses, colonnes titanesques, mais aussi quelques belles perles de caverne.














Nous arrivons à la plage amont et essayons de remonter le réseau mais il apparaît évident que nous n'aurons pas le temps d'arriver à l'affluent. Nous avons perdu trop de temps dans le pierrier. C'est fait nous connaissons les passages. Retour à la plage. Il m'avait semblé en nageant que quelque chose me touchait furtivement. Je m'étais dit que je rêvais. Mais non, attirés par notre lumière un banc de poissons dont certains de bonne taille viennent gober quelques cacahuètes.


On n'est vraiment jamais seuls !

Retour, toujours à vive allure. Le trajet parait beaucoup plus long. Conséquence de la fatigue accumulée ? Nous sortons juste avant la tombée de la nuit.